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L’humain dans la boucle : où le mettre vraiment

Tout le monde promet une « validation humaine ». Au bout de trois semaines, la personne clique sans lire — et la validation ne vaut plus rien. Le problème n’est pas la personne : c’est l’endroit où on l’a mise.

24 juillet 20266 min de lecturePar Sébastien Joumel
Une validation qui ne coûte rien ne vaut rienSi valider demande moins d’effort que vérifier, tout le monde valide. Le bon montage rend la vérification plus rapide que le clic aveugle.

Quatre placements possibles

Avant : l’humain déclenche

Rien ne part sans qu’une personne l’ait demandé. Sûr, mais l’essentiel du gain disparaît : on a juste déplacé le travail.

Pendant : l’humain arbitre une condition

Le circuit s’arrête à un embranchement précis et demande une décision — celle qui engage. C’est le placement le plus efficace, et le plus rare dans les projets qu’on nous montre.

Après : l’humain relit avant envoi

Le cas classique. Il tient si — et seulement si — la sortie est vérifiable en quelques secondes : sources citées, écarts mis en évidence, champs pré-remplis visibles.

À côté : l’humain contrôle un échantillon

Pour les gestes à fort volume et faible enjeu. Dix pour cent des sorties relues sérieusement valent mieux que cent pour cent survolées.

Rendre la sortie vérifiable

C’est la vraie compétence de conception. Quelques gestes qui changent tout :

  • mettre en évidence ce qui vient du modèle et ce qui vient d’une source ;
  • afficher la source à côté de l’affirmation, pas en note de bas de page ;
  • faire remonter l’incertitude au lieu de la lisser : « deux tarifs possibles, voici les deux » ;
  • laisser la personne corriger dans l’outil, et garder la correction comme signal.
Une bonne interface de relecture se mesure en secondes par sortie, pas en cases à cocher.

Les trois endroits où l’humain ne bouge pas

Il y a des décisions qu’on ne place jamais dans la boucle automatique, quelles que soient les métriques :

  • Un rejet qui concerne une personne : candidature, dossier, demande. C’est la ligne du recrutement et des RH.
  • Un avis qui engage un professionnel : juridique, comptable, médical. L’agent prépare la lecture ; l’avis reste signé.
  • Une publication au nom de l’entreprise : réponse à un avis, annonce, contenu public. Une relecture nommée, toujours.

Ces trois limites sont écrites dans chacun de nos devis. Elles ne sont pas là pour se protéger : ce sont les trois endroits où les projets dérapent.

L’érosion, et comment la repérer

Une validation s’érode toujours. Ce qui compte, c’est de le voir : on suit le taux de correction — la part des sorties modifiées avant envoi — et on le regarde chaque mois.

S’il chute vers zéro, deux lectures possibles : soit l’agent est devenu très bon, soit plus personne ne lit. Un échantillon relu à l’aveugle tranche en une heure. Sans cette mesure, on ne sait pas laquelle des deux on vit.

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Décrivez le geste qui vous coûte le plus cher. Nous vous dirons ce qui est faisable, en combien de temps et à quel prix. Si la réponse est non, vous repartirez avec les deux raisons pour lesquelles c’est non.