Méthode

Trois heures par jour : d’où vient le chiffre

Nous affichons « 3 h 07 rendues à chaque personne, chaque jour ». Un chiffre pareil ne veut rien dire sans sa méthode. La voici, avec ce qu’elle ne mesure pas.

28 août 20266 min de lecturePar Sébastien Joumel
Un ordre de grandeur, pas une promesseLe chiffre vient d’un relevé fait chez des clients, sur des gestes précis. Le vôtre sera différent — plus haut ou plus bas — et c’est le relevé qui le dira.

Comment on mesure

On ne demande pas aux équipes d’estimer. Les estimations sont systématiquement fausses, dans les deux sens : on sous-estime ce qu’on fait tous les jours et on surestime ce qui agace.

La mesure se fait sur trois sources :

  • le chronométrage d’un geste précis, cinq à dix fois, par la personne qui le fait ;
  • les traces des outils : horodatage d’arrivée d’une demande, horodatage d’envoi de la réponse ;
  • le comptage des occurrences sur un mois complet, jamais sur une semaine choisie.

Le temps rendu, c’est la durée du geste multipliée par sa fréquence, moins le temps de relecture qui reste — car il reste toujours un temps de relecture.

Temps de travail et délai : deux choses différentes

C’est la distinction la plus mal comprise, et la plus rentable. Un devis demande deux heures de travail et sort en cinq jours. Les trois heures qu’on rend chaque jour sont du temps de travail. Les cinq jours qui deviennent un, c’est du délai — et c’est souvent là qu’est l’argent.

Le temps de travail se gagne en heures. Le délai se gagne en affaires.

Les deux se mesurent séparément, et un système peut très bien améliorer l’un sans toucher à l’autre.

Pourquoi votre chiffre sera différent

Trois facteurs expliquent l’essentiel de l’écart d’une entreprise à l’autre :

  • l’état du socle documentaire : une base propre double le gain, une base en désordre le divise par deux ;
  • le volume : un geste qui revient trois fois par jour ne rend rien ; le même à trente fois par jour change une équipe ;
  • la part d’arbitrage : plus il faut décider, moins on peut retirer — et c’est très bien ainsi.

Ce que le chiffre ne dit pas

Il ne dit pas que ces heures deviennent du chiffre d’affaires. Elles deviennent d’abord du temps disponible — ce que vous en faites vous regarde, et c’est la vraie décision.

Il ne dit pas non plus ce que coûte l’ouverture du système, ni les semaines où l’équipe corrige les premières sorties. Un relevé honnête chiffre les deux, et parfois conclut que le jeu n’en vaut pas la chandelle. Cette conclusion-là est aussi utile que l’autre.

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